Mon séjour au camping municipal d’avallon : entre coupures électriques et sol dur, comment j’ai tenu bon

mai 9, 2026

Le soleil tapait fort sur ma tente installée en haut de la butte, avec cette vue imprenable sur la vallée du Cousin qui m’a tout de suite séduite. Juste au moment où je préparais mon dîner, l’éclairage s’est brutalement coupé. Cette coupure n’était que le début d’un enchaînement de petits cauchemars techniques : prises oxydées, câbles délaminés par l’humidité, piquets de tente qui refusaient de s’enfoncer dans un sol devenu dur comme de la pierre. Sans oublier cette descente raide vers le camping où mes freins ont failli me lâcher. Avec un budget serré et mon van léger, j’ai dû ruser et m’adapter pour tenir le coup. Ce récit détaille ces obstacles précis et comment j’ai fini par m’en sortir, malgré tout.

Le jour où j’ai compris que l’électricité n’était pas fiable ici

C’était en fin d’après-midi, juste avant de préparer mon repas. La prise électrique sur laquelle j’avais branché ma lampe de camping dégageait une odeur métallique, comme un vieux fer rouillé. En y regardant et puis près, la texture de la prise était rugueuse, recouverte d’une fine couche d’oxydation brunâtre. J’ai tenté de la débrancher, mais le contact semblait incertain, avec ce petit grésillement désagréable qui ne présageait rien de bon. Ce premier incident m’a donné une sensation d’impuissance totale. J’avais compté sur cette électricité pour recharger mes appareils, mais la prise n’était clairement pas fiable.

Le lendemain, sous une pluie fine qui ne voulait pas me lâcher, j’ai sorti ma lampe torche et j’ai inspecté le branchement électrique en plus de ça près. J’ai découvert un phénomène qui m’a laissée perplexe : les gaines des câbles, exposées aux intempéries, présentaient un délaminage net, comme si les couches protectrices avaient été rongées par l’humidité. Ce délaminage laissait apparaître des fils cuivrés presque nus, avec des zones où la gaine semblait s’effilocher, trempée et fragile. Impossible de ne pas penser aux risques que cela représente : court-circuit, coupure, voire un danger d’électrocution. Ce petit bout de câble dénudé m’a rappelé une image précise, celle d’un vieux câble électrique abandonné sous une gouttière, qui ne tient plus qu’à un fil quand la pluie s’infiltre partout. Ce détail, jamais évoqué dans les brochures, est un vrai piège si tu viens ici sans le matériel adapté.

Face à ces coupures intermittentes, j’ai dû revoir ma façon d’utiliser l’électricité. D’abord, j’ai commencé à nettoyer régulièrement les prises, en frottant doucement avec un chiffon imbibé d’un dégraissant que j’avais emporté. Ce geste simple a réduit les microcoupures. Ensuite, j’ai enveloppé les parties exposées des câbles avec du ruban isolant, renforçant ainsi l’étanchéité. J’ai aussi limité l’usage de mes appareils électriques, préférant me débrouiller sans trop compter sur la recharge rapide. Pour éviter de me retrouver dans le noir complet, j’ai investi dans une petite batterie externe, capable de tenir deux nuits sans branchement. Cette solution a changé la donne, même si elle ne remplace pas une connexion stable.

Ce que j’en retire, c’est que ce camping ne convient pas aux campeurs qui comptent sur un réseau fiable pour brancher plusieurs appareils. Pour moi, qui voyage avec un van léger et un budget limité, le réflexe a été de prévoir un équipement autonome, avec lampe frontale, batterie externe et quelques rallonges bien protégées. Prendre le temps d’inspecter les branchements avant de s’installer s’est avéré indispensable. Même si ça peut paraître contraignant, j’ai fini par m’y habituer, quitte à réduire ma consommation d’électricité. Ça reste un point faible du camping, mais en m’adaptant, j’ai pu maintenir un confort minimal sans me faire piéger par les coupures répétées.

Ce qui m’a fait galérer avec le sol et comment j’ai fini par planter ma tente sans galère

Le premier contact avec le sol du camping a été une vraie surprise. En posant la main, j’ai senti une texture sèche, presque rugueuse, mais surtout, le sol argileux présentait une cristallisation calcaire évidente sous le soleil. Cette fine couche blanche semblait transformée en une sorte de croûte dure, qui résistait à mes doigts. Quand j’ai essayé d’enfoncer mes piquets standards, ils ont rencontré une telle résistance que j’ai failli plier l’un d’eux. J’étais franchement frustrée. J’avais prévu des piquets classiques en aluminium, pensant qu’ils suffiraient, mais ce sol ne faisait aucun cadeau. La sensation de devoir forcer autant au poignet m’a vite refroidie.

Quelques jours après une averse, le sol a changé de visage. Cette fois, il est devenu collant et glissant, comme un fromage frais abandonné au soleil. Ce phénomène de gélification du sol argileux est assez précis : après la pluie, la surface se ramollit, emprisonnant les piquets dans une pâte épaisse qui colle à mes doigts. Le démontage de la tente est alors devenu un calvaire, avec les piquets quasiment impossibles à sortir sans arracher de la terre et risquer de les tordre. J’ai même envisagé d’abandonner ce camping à cause de ça, tant la galère me paraissait excessive. Cette couche glaiseuse, qui se durcit au séchage en une croûte difficile à percer, est un vrai piège si tu ne connais pas le terrain.

Pour m’en sortir, j’ai changé de matériel. J’ai opté pour des piquets en acier renforcé, plus longs de 30 centimètres, qui résistent mieux aux contraintes. Pour les enfoncer, je n’avais pas d’outil spécial, alors j’ai improvisé un maillet avec un bloc de bois bien lourd que j’avais sous la main. Ce petit bricolage a fait la différence. Avec plusieurs coups précis, j’ai réussi à planter les piquets sans forcer à m’user les mains. J’ai aussi choisi une technique différente : planter d’abord les piquets dans une zone un peu moins exposée à la cristallisation, en cherchant les zones un peu plus meuble, là où la terre montrait un peu moins ce calcaire cristallisé. Cette astuce m’a évité de ne devoir reculer à chaque fois.

Pour moi, ce point est un vrai critère quand tu veux camper confortablement à Avallon, surtout au printemps, quand le sol change vite entre pluie et soleil. Si tu ignores la dureté du sol ou la gélification après la pluie, tu risques de passer un mauvais moment, entre douleur au poignet et tente mal ancrée qui bouge au vent. J’ai appris que choisir ses piquets et s’adapter à la nature du terrain est une étape à ne pas négliger. Sinon, c’est la frustration garantie.

La descente qui a failli me coûter une remorque : mes freins en surchauffe

La descente vers le camping est raide, un vrai test pour les freins, surtout quand la météo est humide comme ce jour-là. Je m’en souviens parce que la route glissait légèrement, et la pluie avait laissé une couche fine sur l’asphalte. En basculant dans la pente, j’ai senti que mes plaquettes de frein se couvraient d’un voile bizarre, un glaçage qui les rendait moins mordantes. C’était comme si le freinage avait soudainement perdu de sa mordant. J’ai aussi entendu un bruit sourd, un léger grincement métallique qui ne m’a pas rassurée du tout.

Au volant, la sensation était encore pire. La pédale de frein est devenue spongieuse après seulement 3 km de descente. La peur a commencé à monter. Je sentais la voiture glisser un peu plus à chaque virage, le freinage s’effaçant progressivement. Le volant vibrait légèrement, comme si j’avais perdu le contrôle. J’ai failli paniquer. Dans ce moment précis, le bruit de frottement métallique était un signal d’alarme, une alerte sourde qui m’a poussée à freiner moins brutalement. J’avais peur de provoquer un accident ou d’endommager la remorque, qui coûtait cher à remplacer.

J’ai dû revoir complètement ma manière de conduire cette descente. J’ai choisi d’utiliser le frein moteur, en rétrogradant plus tôt, et je suis descendue à une vitesse très réduite, quitte à rallonger le temps de trajet. Pour éviter la surchauffe, je faisais aussi plusieurs pauses, en appuyant doucement sur les freins pour les laisser refroidir. Ce changement de rythme a ajouté presque quinze minutes au trajet, mais c’était un moindre mal comparé à la casse possible. J’ai compris que ces conditions humides et la pente étaient un vrai piège pour les freins de remorque, surtout sans préparation.

Pour qui ce camping vaut le coup malgré tout (et pour qui je le déconseille)

Ce camping municipal d’Avallon offre une vue panoramique rare sur la vallée du Cousin, ce qui peut justifier à lui seul le détour. Pour les campeurs techniques et autonomes, qui acceptent de gérer des coupures électriques et un sol dur, c’est un bon spot. La proximité du centre-ville facilite aussi la vie, avec commerces et restaurants accessibles sans voiture. Si tu voyages avec un van léger, que tu prévois du matériel adapté, ce camping peut être une étape agréable, surtout si tu privilégies un cadre naturel apaisant. J’ai trouvé les emplacements spacieux, bien délimités, ce qui est appréciable.

Par contre, pour des familles avec enfants ou des campeurs novices, ce lieu peut vite devenir une source de frustration. Le sol argileux, dur et capricieux, complique l’installation de la tente. Les coupures électriques répétées peuvent gêner ceux qui dépendent d’appareils électroniques pour la cuisine ou le divertissement. Sans compter le risque lié aux freins en descente, qui impose une vigilance accrue. J’ai vu des familles hésiter à rester, notamment avec la présence de chenilles processionnaires dans les bois proches, ce qui n’aide pas à la détente.

J’ai envisagé deux alternatives proches : le camping privé près du lac de Pont, plus adapté aux familles avec ses installations modernes et un sol plus souple, ou le camping municipal de Vézelay, qui propose une électricité plus fiable et des emplacements moins exposés aux problèmes techniques. Ces options sont plus confortables si tu cherches la simplicité et un minimum de contraintes. Pour ma part, malgré les galères, je garde un bon souvenir de la vue et de la proximité d’Avallon, mais je ne le recommande pas à tous les profils.