Ce que j’ai appris à mes dépens en partant en rando vers avallon sans assez d’eau un jour de canicule

mai 8, 2026

Je marchais depuis un bon moment sur le sentier du GR13, tout près d’Avallon, quand j’ai senti ma bouche se transformer en pâte sèche, comme si je mâchais du carton. Ma peau, elle, dégageait une odeur âcre que je n’avais jamais remarquée auparavant, un mélange bizarre entre brûlé et acide. À ce moment-là, j’ai juste pensé que c’était la fatigue habituelle, le soleil tapait fort ce jour-là, plus de 35 degrés annoncés. J’avais une gourde, mais à moitié remplie, persuadée que ça suffirait. Je ne comprenais pas encore que ces sensations étaient un signal d’alerte, que je jouais avec le feu en continuant sans m’arrêter. Cette erreur m’a coûté cher, tant en énergie qu’en temps perdu, et m’a appris à ne jamais sous-estimer la déshydratation sur ces sentiers exposés.

Le jour où j’ai compris que ma bouche pâteuse n’était pas qu’une simple soif

J’étais partie en milieu de matinée, le soleil déjà haut et brûlant, Météo France avait annoncé une canicule avec des températures dépassant les 35 °C. Sur le dos, une seule gourde d’un litre, remplie à moitié, parce que je pensais pouvoir faire le plein dans les villages ou ruisseaux sur le parcours. Le sentier du GR13 que j’avais choisi autour d’Avallon est beau, mais il est aussi très exposé, avec peu d’ombre et des points d’eau fiables rares après le premier village. Je me suis lancée sans trop me poser de questions, convaincue que je gérerais avec ce que j’avais. Rapidement, j’ai senti ma salive devenir visqueuse, presque gluante, comme si elle refusait de circuler. La bouche sèche a viré à une sensation de gélification, impossible de produire assez de salive pour avaler correctement. En même temps, une odeur âcre, brûlée, presque acide s’est installée sur ma peau, surtout autour du cou et du visage. Cette odeur âcre sur ma peau, comme un mélange de brûlé et d’acide, c’est ce qui m’a vraiment alertée, mais je ne l’ai prise au sérieux que trop tard.

Je n’avais jamais fait attention à ce genre de signal auparavant. J’ai continué, pensant que c’était normal de se sentir un peu mal avec cette chaleur. Mon instinct me criait pourtant que quelque chose clochait, mais j’ai ignoré ces signes, croyant qu’ils étaient juste l’effet classique de la fatigue et de la chaleur. Cette sensation de gélification me gênait, mais je me disais que ça passerait une fois la pause faite. En plus, j’ai remarqué un léger voile blanc sur ma langue, un truc que je n’avais jamais vu avant, mais je ne l’ai pas relié à un problème d’hydratation. J’ai aussi senti ma peau devenir moite, collante, mais sans vraiment mettre ces symptômes en relation avec un risque de déshydratation sévère.

Le premier vrai doute est arrivé quand cette sensation d’inconfort a empiré. Ma tête est devenue lourde, mais je n’avais ni vertige ni crampe à ce moment-là. C’est là que le piège a fait son effet : ne pas associer ces premiers signaux à une déshydratation avancée. J’étais convaincue que tant que je ne sentais pas de vertiges ou de crampes, tout allait bien. Pourtant, c’était déjà trop tard. Si j’avais su ce que représente vraiment la gélification de la salive, ce voile blanc sur la langue et cette odeur âcre sur la peau, je me serais arrêtée plus tôt. Je me rends compte aujourd’hui que c’est ce moment précis qui a déclenché la suite catastrophique de ma sortie.

Comment j’ai payé cher mon ignorance des premiers signaux

Après environ 10 kilomètres, alors que je marchais sur un sentier en plein soleil, les crampes ont commencé à me saisir. Ce n’était pas juste une gêne, mais des contractions douloureuses dans les mollets et les cuisses qui m’ont forcée à ralentir d’au moins 30 %. Mon rythme habituel s’est transformé en une marche laborieuse. J’ai dû m’arrêter sous un arbre pour chercher un peu d’ombre, ce qui m’a pris au moins 45 minutes. Cette pause n’a pas suffi à me remettre complètement, la fatigue était extrême, j’avais la tête lourde, et la sensation que mes muscles refusaient de répondre. La force m’a manqué, et j’étais coincée, incapable de poursuivre à l’allure prévue. La frustration m’a submergée, car j’ai dû renoncer à la boucle complète que j’avais planifiée, ce qui a gâché une journée que j’avais pourtant attendue.

En termes concrets, cette erreur m’a coûté au moins une heure et demie de temps perdu. J’ai gaspillé une énergie précieuse à gérer la douleur et la faiblesse, alors que j’aurais pu avancer plus vite et plus loin. J’ai aussi payé le prix d’une préparation insuffisante : ma gourde d’un litre, remplie à moitié au départ, n’a pas compensé la perte hydrique rapide liée à la canicule et à la transpiration exacerbée. J’ai ressenti un vrai coup de massue, une sensation de déshydratation qui a transformé une sortie plaisante en un calvaire. L’impression d’avoir laissé filer toute la journée me reste encore en travers de la gorge.

Sur le plan technique, la gélification de la salive que j’ai observée est un signal précis. Elle signifie que la concentration de sels minéraux dans mon corps était trop élevée, signe que je perdais trop d’eau sans la remplacer. Ce phénomène n’est pas juste un détail désagréable : c’est une alerte que le corps envoie avant que les symptômes graves ne se déclarent. L’odeur acide liée à ma peau moite est aussi un symptôme du phénomène d’anidrose partielle, où la transpiration devient inefficace. Ce mécanisme empêche le corps de réguler correctement sa température, ce qui augmente le risque de coup de chaleur. La gélification de la salive est un signal avant-coureur précis que mon corps était déjà en train de se déshydrater sévèrement, bien avant que les crampes ne me clouent sur place.

Ce que j’aurais dû faire avant de partir et pendant la rando

Avec le recul, j’aurais dû anticiper beaucoup plus sérieusement la préparation de cette sortie. D’abord, j’aurais dû emporter au moins 3 litres d’eau, même si ça alourdit le sac. Au départ, ma gourde d’un litre remplie à moitié, c’était clairement insuffisant pour une journée avec plus de 35 °C. Ensuite, partir très tôt, avant 7 h du matin, pour éviter les heures les plus chaudes aurait changé la donne. Je suis partie en milieu de matinée, alors que la chaleur montait déjà fort. J’aurais aussi dû vérifier précisément les points d’eau sur mon parcours, en repérant les fontaines ou ruisseaux accessibles, car après le premier village, ce n’était pas évident. Ce genre de détail m’aurait évité de me retrouver coincée avec une gourde à moitié vide.

En cours de route, il y avait plusieurs signaux que j’aurais pu repérer plus tôt, mais je ne savais pas vraiment quoi chercher. Voici la liste des signaux qui m’auraient alertée si j’avais su les reconnaître :

  • Salive qui devient visqueuse, presque gluante
  • Odeur âcre, brûlée ou acide sur la peau, surtout au niveau du cou et du visage
  • Voile blanc sur la langue, signe de salivation réduite
  • Fatigue inhabituelle, sensation de lourdeur dans la tête, avant même les crampes ou vertiges

Dès que j’aurais senti la salive devenir visqueuse ou que cette odeur âcre s’installait, j’aurais dû m’arrêter pour boire beaucoup plus, chercher de l’ombre, et consommer des électrolytes. Je n’ai pas fait ça, et ça a accéléré le problème. J’ai aussi compris que je devais adapter mon rythme, ne pas forcer quand le corps envoie ces signaux, et surtout faire des pauses régulières à l’ombre pour donner une chance à ma température corporelle de redescendre. Emporter des comprimés de sels minéraux me semble aujourd’hui une précaution à ne pas négliger, car ils aident à compenser la perte d’électrolytes provoquée par la transpiration excessive.

Au final, c’est clair que je n’étais pas prête pour cette canicule, et ça m’a servi de leçon. J’aurais dû faire ces vérifications et changements avant de partir, au lieu d’espérer que tout irait bien avec une simple gourde et une bonne volonté. Cette expérience m’a appris que ne pas tenir compte des premiers signaux sur le terrain est un pari perdu d’avance, surtout sur des sentiers exposés sans eau. J’ai compris que l’hydratation ne se gère pas au feeling, mais en anticipant chaque détail, même ceux qui semblent anodins.

Ce que cette expérience m’a vraiment appris pour mes prochaines randos à avallon

Depuis cette sortie, j’ai complètement changé ma façon de préparer mes randos autour d’Avallon. Je double systématiquement la quantité d’eau que j’emporte, ce qui signifie au moins 3 litres dans mon sac, même si ça pèse. Je me suis aussi équipée de comprimés de sels minéraux que je prends à intervalles réguliers, surtout quand la chaleur est au rendez-vous. Ce petit changement a eu un impact énorme sur ma résistance et mon confort. Je me sens beaucoup plus sûre de ne pas tomber en panne d’énergie ou de déshydratation. J’ai aussi appris à partir très tôt, pour éviter les pics de chaleur annoncés. Plutôt que de me lancer en milieu de matinée, je suis sur les sentiers avant 7 h, quand l’air est encore frais, ce qui me permet de garder un rythme plus stable.

J’ai appris à écouter ces signaux subtils que j’avais ignorés la première fois : la gélification de la salive, l’odeur âcre sur la peau, le voile blanc sur la langue, la sensation de tête lourde. Maintenant, je m’arrête dès que j’en ressens un, sans attendre que ça empire. Cette vigilance me permet d’éviter une déshydratation sévère, même quand la canicule s’invite. J’ai compris que continuer à marcher en ignorant ces alertes, c’est risquer un coup de chaleur qui peut être dangereux. Ce changement d’attitude a transformé mes sorties, les rendant plus agréables et moins stressantes.

Enfin, j’ai réalisé que, même sur des sentiers que je croyais bien connaître, comme ceux autour d’Avallon, la canicule change la donne. Je ne sous-estime plus la chaleur ni les conditions du terrain. Cette erreur a renforcé ma prudence et m’a poussée à mieux me préparer, à ne plus partir à l’aventure sans plan solide. Je sais maintenant que chaque détail compte, et que l’expérience ne suffit pas pour éviter les pièges du climat. Cette prise de conscience a fait évoluer ma pratique, me rendant plus attentive à mes sensations et aux conditions extérieures. Ce que j’ai appris à mes dépens est devenu une base solide pour mes prochaines randos.